• Premier extrait : page 180

     

    Extrait :     Les cours étaient donnés, certains soirs de la semaine, par un prêtre de l'église Saint-Julien. Les autres élèves de cette petite classe étaient cinq Noirs. L'épiscopat les avait sélectionnés pour leur intelligence. On leur avait enseigné la vraie foi et maintenant on les préparait à devenir prêtres avant de les renvoyer en Afrique convertir leurs frères sauvages.

    Pour nous accoutumer à l'ordre des mots, le professeur commença par nous faire répéter cette phrase facile : Vere dignum et justum est […] gratias agere.

    « Il est vraiment juste et nécessaire, c'est notre devoir et notre salut, de Vous rendre grâce toujours et partout, Seigneur... »

    Je ne sais pour quelle raison, enfouie dans les mystères de leur race, cette manière de dire avait déclenché l'hilarité de nos camarades africains.

    D'abord interloqué, le prêtre poursuivit.

    In quo nobis spes beatae resurrectionis effulsit, ut quos contristat certa moriendi conditio, eosdem consoletur futurae immortalitatis promissio.

    Cette référence à la mort certaine et a la promesse d'immortalité redoubla la bonne humeur des futures missionnaires nègres.

    Leurs éclats d'un rire guttural résonnaient sous la voûte de l'église, au grand effroi et grand scandale d'un groupe de vieilles femmes, habituées de la prière du soir. Puis ils se mirent à glousser comme s'ils étaient devenus dindons, et leurs corps étaient secoués d'obscènes ondulations. 

     

    Analyse littéraire :  

         Tout d'abord, nous observons dans cet extrait un racisme évident. Par exemple les mots employés pour les décrire sont péjoratifs comme "leur race" ligne 6, "nègres" ligne 9 et "dindons" ligne 11. Le narrateur les considère comme inférieurs et cherche à les dénigrer, il n'est pas objectif.

         De plus, nous comprenons que les Africains sont ici utilisés dans l'unique but de convertir par la suite l'Afrique au christianisme avec "futures missionnaires nègres" et "la vraie foi". Il n'est en aucun cas question d'en apprendre plus sur leur culture. Il s'agit seulement de leur imposer une nouvelle religion et de convertir le plus de personne. 

     

    Analyse historique : 

    -En 1455, le pape Nicolas V concèda au Portugal l'exclusivité du commerce avec l'Afrique et lui attribua l'activité de mission ; il encourage Henri le navigateur, commandeur de l'Ordre du Christ à soumettre aux servitude les "sarrasins et autres infidèles". Ce système de padroado exclusivement portugais aboutit en Afrique centrale à l'évangélisation de quelques rois. Ces conversions eurent comme lourdes conséquences les traites négrières.

    -1482 : les Portugais construisent un port fortifié sur la Côte-de-l'Or ce qui entraîne le monopole portugais sur le commerce d'Afrique noire : ils peuvent ainsi réaliser du commerce d'esclaves, d'or, de couteaux, de perles, de miroirs, de rhum et de fusils. 

    -XVe : Exploration des côtes africaines par les portugais. Ils ont découvert l'Afrique au début du XVe siècle et effectuent plusieurs voyages afin d'exploiter toutes les richesses et de convertir l'Afrique au christianisme. 

     

     

     

     

     

     


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